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Avignon : je m’exhibe, donc je suis


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À 32 ans, l’Avignonnaise Aurore Pariente bichonne son image et gagne très bien sa vie sur les réseaux sociaux. Sa recette : une plastique, des tatouages et une stratégie.

Au siècle dernier, sans vouloir lui faire de peine, Aurore Pariente n’aurait pas existé. En tout cas pas comme ça. C’est que cette Avignonnaise de 32 ans, en bougeant à peine de chez elle, a un peu le monde à ses pieds. Des hommes surtout, dont elle confie qu’ils constituent « 90 % » de ses followers. Son fonds de commerce, c’est sa plastique. Sa vitrine, c’est les réseaux sociaux. Cette jeune femme, qui est tout sauf écervelée ou sotte, compte 1,3 million d’abonnés sur son compte Instagram. Même si elle explique que sa communauté « est très américaine ». Aurore Pariente a une priorité qu’elle affiche sans fausse pudeur : « Je veux me faire connaître par tous les moyens ».

Alors les moyens, les voici. Visage botoxé, poitrine refaite par touches successives, et corps tatoué de partout. Ou presque, puisque seules ses fesses, ses seins, et son visage échappent à la contagion de l’encre colorée. Même ses mains, paumes, dos et doigts sont couverts de dessins plus ou moins fantastiques et de messages qu’elle délivre à la face du monde par écran interposé. Ils parlent notamment d’amour. Alors en s’exhibant sur les réseaux sociaux, la machine à cash se met en route à chaque consultation privée.

Car Aurore Pariente est aussi présente sur des plateformes payantes : « En trois jours je peux gagner un Smic. » Mais pour elle, cet argent facile ne l’est pas tant que ça, car prendre soin d’elle l’occupe à plein temps. Entre les séances quotidiennes de sport et de photos, elle ne connaît des 35 heures que le nom. Mais tel est le prix à payer pour alimenter à flux presque constant les réseaux sociaux en images nouvelles et toujours aussi sexy. Moyennant finances, elle prend aussi sous son aile des candidates à la célébrité qui profitent de sa notoriété pour se domicilier provisoirement sur ses pages. Et puis, son ego s’en trouve assurément flatté, elle revendique des aventures « avec des footballeurs professionnels et des rappeurs américains ». De quoi faire fantasmer plus d’une « instagrameuse » éprise de célébrité.

Mais au fond, après quoi court Aurore Pariente ? À cette question, qui renvoie à des ressorts psychologiques assurément complexes, elle répond qu’elle veut « être heureuse ». Justement, se montrer, être tatouée, se savoir désirée, tout en gagnant très confortablement sa vie… voilà qui suffit à son bonheur. Rassurante, elle ajoute : « Chaque chose que je fais me fait du bien. » L’essentiel est là. En revanche, qui aurait autrefois connu cette ancienne boulimique ne la reconnaîtrait pas aujourd’hui : « Je suis hypersensible, mais j’ai rencontré beaucoup de mauvaises personnes. Avant, je n’allais pas bien. Proche de la culture punk et rap, j’ai commencé à me faire des tattoo il y a deux ans puis à aller sur Instagram où j’ai vu des femmes vachement bien. Ça a commencé comme ça. Pour moi, le corps d’une femme doit être embelli, pas caché. »

Impudique en diable, cette fille de médecins cultive néanmoins un jardin secret. Lorsqu’il s’agit d’aller au fond des choses, elle s’économise : « Il ne faut pas faire n’importe quoi et j’ai une stratégie. Je sais où je veux aller et j’ai un objectif lointain. Sauf qu’il ne faut pas être trop pressée et qu’il faut faire attention à son image en faisant les choses de façon intelligente. » Sur cet « objectif lointain », elle s’abstient de lever un coin du voile.

Quand Aurore Pariente évoque le chemin parcouru en si peu de temps, et ses followers à la pelle, elle renvoie une impression de toute puissance. Même si elle n’est pas d’accord avec ça. Il n’empêche qu’elle ne peut alors réprimer un rire semblable à celui d’un enfant qui aurait joué un tour pendable : « Dans la vie, il faut savoir dépasser ses pulsions, mais les mecs n’y arrivent pas alors j’en profite. » D’ailleurs, contrairement à certaines de ses consœurs du web, elle n’a pas besoin d’un homme pour gérer son florissant business. Elle fait ça très bien toute seule. Et n’a personne dans sa vie. Sauf elle-même.

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